02/06/2014

Peu d'argent + trop de marches = moins de soins pour les personnes handicapées

Ultrazvuk_osetreni.jpgLes personnes en situation de handicap accèdent moins aux soins courants que le reste de la population française. Les chercheurs de l’Institut de recherche en documentation et en économie de la santé (Irdes) viennent de montrer, dans une des très rares études réalisées sur ce sujet, qu’elles ont moins recours aux dentistes et gynécologues, quel que soit l’indicateur de handicap utilisé (déclarer au moins une limitation fonctionnelle ou bénéficier d’une reconnaissance administrative du handicap). 

Les allocataires de l’AAH particulièrement défavorisés

Mais les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé « concentrent des inégalités d’accès aux soins courants ». Leur probabilité d’accès est réduite de 6 points pour les soins ophtalmologiques, de 9 points pour les soins dentaires, de 17 points pour les soins gynécologiques par rapport à la population n’ayant pas de reconnaissance administrative du handicap. Concrètement, en moyenne, 49 % des femmes se rendent au moins une fois par an chez un gynécologue, contre 32 % seulement  (- 17 points) de celles bénéficiant de l'AAH. 


Des ressources trop faibles et pas de CMU-C

Pourquoi ? Essentiellement à cause de la faiblesse de leurs ressources. De plus, le montant de l’AAH à taux plein (790 €) a beau être inférieur au seuil de pauvreté, il reste supérieur au plafond ouvrant droit à la Couverture maladie universelle-complémentaire (CMU-C - 716 €). Les allocataires de l’AAH ne bénéficient donc pas d’une prise en charge à 100 % de leurs soins par la Sécurité sociale, excepté pour ceux liés à leur affection de longue durée (ALD). Ce qui limite leur recours aux professionnels de santé, selon les auteurs de l'étude. 

Le manque d’accessibilité pénalise lourdement les personnes en fauteuil roulant

Pour les personnes en fauteuil roulant, en revanche, le manque d'accessibilité est le principal obstacle à l'accès aux professionnels de santé. Comparée aux personnes sans limitations, tous niveaux socio-économiques confondus, c'est la population qui a le moins recours aux soins (- 5 points pour les dentaires, - 11 pour les ophtalmologiques et - 19 pour les gynécologiques) parmi l’ensemble des personnes en situation de handicap.

Et cet écart reste le même lorsqu’on compare les personnes en fauteuil avec des personnes sans limitations ayant le même niveau socio-économique qu'elles. Autrement dit, ce n’est pas leur niveau de ressources qui est essentiel mais « le problème d’accessibilité physique aux structures de soins auquel s’ajoute des difficultés d’accès au fauteuil dentaire ainsi qu’à la table gynécologique », notent les auteurs de l'étude. Un argument de plus pour les défenseurs de l’accessibilité à tout pour tous au plus vite. Franck Seuret - Photo Milenafoto

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14:43 Publié dans Ressources, Santé, bien-être,psycho | Lien permanent | Commentaires (3) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Commentaires

Je suis en train de me battre pour obtenir, "LAide Complémentaire Santé", ce que j'espère obtenir. L'administration restreint les budgets, alors comment se soigner?

Écrit par : Daniel Panier | 07/06/2014

les soins dentaires sont plus qu'inaccessibles..mais comment manger quand on perd des bridges ? impossible de refaire des prothéses :4000 euros à 6000 euros les devis...
on va vers le gouffre en france....

Écrit par : efferanda | 10/06/2014

Habitant Melun (77) il est de +en+ difficile de pouvoir consulté médecins/spécialistes car les cabinets sont inaccessibles

Écrit par : nanou | 30/06/2014

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